A quoi sert le SMIC ?

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Paris, jeudi 13 juin 2019
•   Bruno Bertez :
Comment les ultra-riches le deviennent plus encore
Le pouvoir des banques centrales est devenu énorme – et les gouvernements ne sont pas de taille à lutter.
•   Bill Bonner :
La vraie source des inégalités
Achetez des actions, exhortent les initiés de l'industrie financière – sauf que les marchés n'ont jamais été plus chers... et à qui profitent ces achats, exactement ? Aux initiés.
•   Bill Wirtz : Le SMIC "protecteur" ne protège personne
Les lois sur le salaire minimum visent à aider ceux qui gagnent très peu d'argent, mais elles font tout le contraire. Pouvez-vous vraiment dire que vous défendez les personnes défavorisées si vous soutenez les lois sur le salaire minimum ?
LES NOTES DE BRUNO BERTEZ
Comment les ultra-riches le deviennent plus encore
La baisse des taux obligataires provoquée par les promesses des banquiers centraux tétanisés par le retour de la déflation a enrichi les portefeuilles de 1 100 milliards de dollars la semaine dernière, à 53 700 milliards de dollars !
Plus les banques centrales échouent et plus les ultra-riches s'enrichissent et voient leur pouvoir de prélèvement sur la richesse et les productions mondiales augmenter.
Facebook et Google nous interdisent de commercialiser ce livre...
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Le système en crise et les faux remèdes forment ensemble une gigantesque pompe à gonfler les patrimoines de ceux qui sont déjà très riches.
Quand vous créez de l'argent et que vous baissez les taux d'intérêt, vous créez une richesse fictive qui va augmenter le patrimoine des ultra-riches, augmenter leur pouvoir de prélèvement et diluer le pouvoir d'achat de ceux qui ne sont que salariés.
Un nouvel effet Cantillon
L'effet Cantillon de dilution du pouvoir d'achat par la création monétaire n'est rien face à ce nouvel effet de dilution – l'effet Cantillon moderne – par l'inflation de la quasi-monnaie et des actifs financiers.
L'effet Cantillon moderne est décuplé par le pouvoir multiplicateur des marchés – lesquels sont une pompe, un lieu de fabrication du désordre social.
Aucun gouvernement, aucun syndicat, aucun média n'est capable de comprendre cela.
C'est pourtant là le ressort des inégalités croissantes. Ce n'est pas le capitalisme – non, c'est la perversion vicieuse et impunie des banquiers centraux.
Comme nous le disons, les gouvernements peinent à bouger des milliards et encore plus des dizaines de milliards... mais les banquiers centraux, eux, par une seule déclaration publique relayée par les médias, bougent, transfèrent – ou plutôt créent des milliers de milliards !
S'il vous plaît, ne vous fâchez pas…
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LES NOTES DE BILL BONNER
La vraie source des inégalités
"La seule manière pour les gens de réellement améliorer leur richesse, c'est d'acheter une maison, un appartement, ce genre de choses, d'avoir des actions", a déclaré Mark Cuban.
Il passait sur Yahoo! Finance pour parler des inégalités de richesse, que nombre de gens considèrent comme un problème.
Son analyse était mauvaise ; quant à ses conseils, ils faisaient partie des pires que nous ayons entendus.
Acheter des maisons ou des actions était peut-être un bon plan en 1982. Peut-être encore en 1992. Voire 2002. Mais 2019 ? Le schéma des 30 dernières années a-t-il des chances de se poursuivre ?
N'oublions pas que l'économie – américaine et mondiale – ralentit... et à mesure que le déclin se poursuit, les autorités se préparent à commettre leur prochaine erreur.
Rappelez-vous que la politique monétaire n'est en réalité qu'une série d'erreurs.
D'abord, les autorités maintiennent les taux à un niveau trop bas pendant trop longtemps – créant ainsi une dangereuse bulle.
Ensuite, elles doivent augmenter les taux pour orchestrer un "atterrissage en douceur".
Enfin, lorsque les actions s'effondrent, elles réduisent les taux en panique, menant à une nouvelle bulle.
Au fil du temps, les distorsions augmentent (nous pouvons le mesurer par la dette... en hausse de 20 000 milliards de dollars sur les 10 dernières années), créant ainsi le besoin d'erreurs toujours plus énormes pour entraver le désir de correction exprimé par M. le Marché.
Il semblerait que nous soyons actuellement tout au sommet d'une bulle géante créée par les autorités après la panique de 2008-2009. Cette fois-ci, elles ont ajouté quelque 12 000 milliards de dollars de relance monétaire et budgétaire, sans parler de taux réels négatifs sur quasiment toute la période.
Cela a produit la reprise la plus faible jamais enregistrée – avec des taux de croissance du PIB sur 10 ans de seulement 1,5% environ – à peine la moitié de la fin des années 1990. Et cela a entraîné toutes les relations-clé traditionnelles sur un terrain bizarre et malsain.
Changements de relations
Hier, nous avons examiné la relation entre la richesse des ménages (basée sur les prix des actifs) et le PIB. Pendant un demi-siècle, ce ratio était d'environ 3,8 pour 1. Il est désormais de 5,35 pour 1 – un record.
Il y a également la relation traditionnelle entre le marché boursier et le PIB, que Warren Buffett utilise pour déterminer le moment où les actions sont surévaluées.
Là encore, ce n'est pas un chiffre arbitraire. Il y a une relation naturelle entre la production économique (le PIB) et les entreprises qui la produisent (dans le cas présent, nous utilisons l'indice Wilshire 5 000).
A nouveau, pendant le demi-siècle qui a suivi la Deuxième guerre mondiale, le ratio – actions du Wilshire/PIB trimestriel nominal – était aux alentours des 50%. Aujourd'hui, il est à 133%.
Une autre relation traditionnelle vaut la peine de s'y intéresser : le temps (le travail) par rapport aux prix des actions (le capital). Là encore, on constate le même schéma.
Entre 1945 et 1995, il fallait au travailleur moyen entre 20 et 40 heures pour gagner assez pour acheter le S&P 500.
Les salaires grimpaient. Les actions grimpaient. Le PIB grimpait. Mais la relation entre eux restait relativement constante.
Puis, après 1995, le temps est devenu bon marché tandis que les actions se faisaient coûteuses. Durant les cinq années qui suivirent, le prix des actions du S&P 500 a radicalement augmenté. A la fin du XXème siècle, le travailleur moyen devait trimer 100 heures pour se les payer.
Actuellement, le ratio frôle un sommet historique de 120.
C'est pour cette raison que nous avons des "inégalités". Les autorités ont fait grimper le prix des actifs des riches... mais pas celui du temps du citoyen moyen. En termes relatifs, la plupart des gens – qui n'ont rien d'autre que leur temps à offrir – ont perdu du terrain.
Mais comme le souligne Charlie Munger, de Berkshire Hathaway, c'est un problème qui se règlera tout seul.
Les autorités peuvent manipuler et contrôler... jusqu'à un certain point seulement. Elles pourront peut-être – ou pas – étouffer la correction qui se profile. Mais elles ne peuvent pas commander aux marées.
A présent, M. Cuban pousse les travailleurs à se secouer et acheter des actions quatre fois plus chères (en termes d'heures travaillées) qu'au début des années 1990.
Et à qui les achèteraient-ils ?
A l'élite des actionnaires, aux initiés, qui savent qu'il est temps de sortir du marché...
LES NOTES DE BILL WIRTZ

Le SMIC "protecteur" ne protège personne


Les lois pour le salaire minimum existent depuis un certain temps, de sorte qu'il devient de plus en plus difficile de contester leur existence. Pour la plupart des gens, même ceux qui prétendent être en faveur du "libre-échange", la garantie du SMIC pour tous les travailleurs semble une évidence.
Pour les syndicats et les politiciens, l'augmentation du salaire minimum est facile à vendre : une fois instauré, le taux horaire minimal peut être progressivement augmenté sans frais pour le gouvernement, éliminant ainsi la nécessité de répondre à des questions agaçantes comme la question fondamentale : "Qui va payer ?"
Le SMIC a aussi l'avantage d'établir des réfutations faciles à toute opposition : quiconque s'oppose au salaire minimum (ou à son augmentation) doit avoir des intérêts financiers dans ce domaine ou simplement manquer d'empathie pour les travailleurs à bas salaires.
Cependant, la réalité est que les personnes qui ont besoin d'un coup de pouce sur le marché du travail se voient refuser cet accès en conséquence directe du SMIC. Le salaire minimum exige des employeurs qu'ils paient les travailleurs au-delà de la valeur du marché de leur travail horaire, ce qui les oblige à renoncer à de nouveaux emplois ou simplement à remplacer le travail humain par des machines.
Il y a plusieurs catégories de personnes qui sont nettement plus touchées que la moyenne par ces salaires minimaux. En voici trois :
Les adolescents
Une étude réalisée en 2006 par l'université de Géorgie a révélé que chaque augmentation de 10% du salaire minimum entraîne une baisse de 4,6% à 9% de l'emploi des adolescents. Les chercheurs ont ajouté :
"De plus, une augmentation de 10% du salaire minimum réduit de 5% le nombre moyen d'heures travaillées dans le commerce et, chez les adolescents qui demeurent employés dans ce secteur, réduit de 2% à 3% le nombre moyen d'heures travaillées."
Nous savons que beaucoup d'études ont confirmé des résultats similaires avec quelques variations. Elles ont révélé des effets négatifs du salaire minimum sur l'emploi des jeunes depuis l'utilisation des statistiques du ministère du travail aux Etats-Unis en 1915.
Un rapport de recherches publié en 2018 par le Mercatus Center a révélé que le salaire minimum a joué un rôle prédominant dans la tendance à l'augmentation du chômage des jeunes aux Etats-Unis depuis l'an 2000.
Les minorités ethniques
L'argument sur les origines racistes déclarées du salaire minimum aux Etats-Unis a déjà été bien documenté et expliqué par le professeur Deirdre McCloskey. Le salaire minimum a été conçu pour maintenir les travailleurs non anglo-saxons (ceux qui n'étaient pas blancs) hors du marché du travail en augmentant le coût de l'embauche de ces derniers.
L'économiste Thomas Sowell a expliqué en quoi des politiques analogues dans d'autres pays avaient le même effet :
"En 1925, une loi sur le salaire minimum a été adoptée dans la province canadienne de la Colombie-Britannique, avec l'intention et l'effet de priver les immigrants japonais d'emplois dans l'industrie forestière."
Sowell explique que l'on trouve des cas similaires en Australie et en Afrique du Sud, où des racistes et des militants syndicaux blancs ont fait pression en faveur d'une législation sur le salaire minimum. L'idée était d'éviter la concurrence de ces minorités, qui n'avaient ainsi plus le droit d'accepter des salaires inférieurs à ceux des travailleurs blancs, pour faire concurrence.
Avant l'adoption de la Fair Labors Standards Act (FLSA – loi pour le traitement équitable du travail), qui a institué le premier salaire minimum fédéral de 25 cents l'heure, l'écart de chômage entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis ne dépassait pas 1%. Aujourd'hui, le taux de chômage des Noirs est deux fois plus élevé que celui des Blancs. L'augmenter, comme le suggèrent les multiples candidats démocrates à la présidence américaine, ne ferait qu'accélérer ce phénomène.
Les anciens criminels
Même si vous pensez peut-être qu'il est normal qu'un meurtrier ait des difficultés à trouver un emploi, si vous croyez qu'un être humain peut s'améliorer en se réinsérant dans la vie professionnelle, cet objectif ne devrait pas être rendu plus difficile par des obstacles supplémentaires.
Une étude publiée en 1976 dans la Monthly Labor Review prévoyait que le salaire minimum fédéral et le salaire minimum de l'Etat affecteraient les personnes qui se trouvaient "dans des positions de négociation particulièrement mauvaises (en prison et immédiatement après leur libération)".
Une étude réalisée en 2013 par le Boston College affirme que l'augmentation du salaire minimum fait augmenter la criminalité (vols, ventes de drogue et crimes violents) aux Etats-Unis en raison d'une baisse du revenu du travail résultant d'une réduction du travail.
Les entreprises annonçant qu'elles embauchent de plus en plus d'anciens détenus pour des emplois au salaire minimum, leurs employés seront également touchés par l'augmentation du salaire minimum sous la forme d'une réduction du temps de travail.
Les conséquences involontaires
D'autres questions peuvent être posées au sujet des effets sur d'autres groupes, comme les malades mentaux, qui se retrouvent aussi souvent dans des emplois mal rémunérés ou des emplois subventionnés et qui ont de la difficulté à concurrencer les autres travailleurs.
C'est le problème inhérent du SMIC : il empêche ceux qui sont désavantagés, d'une manière ou d'une autre, de rivaliser en offrant leur travail pour moins cher.
Les décideurs politiques doivent être conscients des conséquences involontaires des lois sur le salaire minimum et évaluer les effets réels des mesures qu'ils imposent sur l'économie.
[NDLR : Idées toutes faites, préjugés et intox – voyez au-delà des écrans de fumée ! Découvrez une vision sans concession de l'actualité économique et financière en cliquant ici.]
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