Démantèlement de Google : quelle conséquence pour l’actionnaire ?

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Et aussi : NASA, biotech, M&A, deep fake
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Paris, 12 juin 2019
∞ Démantèlement de Google : quelles conséquences pour l'actionnaire ?
∞ En bref : NASA, biotech, M&A, deep fakes
La "XIIème Prophétie"
  L'homme le plus riche du monde a prévu l'ascension de Facebook... le raz-de-marée des smartphones... l'hégémonie d'Amazon...
Aujourd'hui, sa dernière prédiction est sur le point de se réaliser – et elle pourrait vous rapporter des gains spectaculaires.
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Démantèlement de Google : quelles conséquences pour l'actionnaire ?
Par Arthur Toce et Edern Rio
La semaine dernière, nous avons découvert que les menaces de démantèlement des GAFA n'étaient pas des paroles en l'air. Des députés de la Chambre des représentants des Etats-Unis ont annoncé un "examen de fond en comble des pouvoirs de marché détenus par les GAFA". La Federal Trade Commission (FTC) se chargera d'Apple et d'Alphabet alors que le Department of Justice se concentrera sur Amazon et Facebook. La personnalité à la tête de la Commission, David Cicilline, a de quoi faire trembler les big techs américaines…
La Bourse réagissait violemment à ces annonces et les quatre grandes valeurs technologiques décrochaient sévèrement.
Bien que nous ayons du mal à croire que l'Etat américain, en pleine guerre technologique avec la Chine, démantèle ses champions, Arthur Toce vous livre ses scénarios de découpage, avec l'exemple d'Alphabet. Une manière de faire apparaître son business model ainsi que ses forces et faiblesses. In fine, que risque l'actionnaire de Google si la firme se fait découper en rondelles ?
Google : la plus grande régie publicitaire du monde
Alphabet tire principalement ses revenus de la publicité sur Internet par le biais de sa régie Google Ads (anciennement AdWords).
Les 136,8 Mds$ de chiffre d'affaires (CA) qu'a générés Alphabet en 2018 proviennent, pour 85%, de la publicité en ligne. Plus de 80% de ce CA est généré sur des sites directement administrés par la firme dont Google (le moteur de recherche), YouTube (racheté en 2006 pour 1,65 Md$), Gmail, Google Maps ou encore Waze (racheté pour un peu moins de 1 Md$ en 2013). Le reste est généré sur des pages partenaires qui hébergent des publicités Google Ads.
C'est avant tout là qu'Alphabet est attaquable...
En effet, il sera difficile d'obliger Google à réduire l'audience de ses sites puisque par définition les internautes s'y rendent sans y être forcés. En revanche, il est tout à fait possible d'obliger Google à séparer ses activités qu'on pourrait qualifier d'éditoriales et celles de sa régie publicitaire.
Séparer la régie publicitaire des sites à forte valeur ajoutée de la marque est compliqué, car c'est un fait un média vit de publicité. Il faudrait donc que des flux monétaires soient mis en place entre les sites éditeurs et la régie Google Ads. Le régulateur pourrait même aller jusqu'à obliger ces sites à accepter d'autres formats de publicité que ceux de Google Ads.
Sur les différents sites qu'il administre, Google n'utilise que ses propres formats publicitaires. Même si ce serait un coup dur pour Alphabet, ce ne serait en aucun cas la fin de ses entités. Toutes sont assez fortes sur leurs segments pour résister.
Prenons le worst case scenario et découpons donc en entités correspondant aux business units et appliquons-leur une bonne vieille matrice du BCG (Boston Consulting Group).
Les divisions YouTube ou Google Maps seraient clairement leaders de leur secteur respectif et seraient encouragées à pousser des intégrations plus croisées. Elles auraient sans doute plus envie pour l'une d'investir le business du GPS routier et, pour l'autre, celui du streaming. Ces entités seraient des vedettes, des leaders sur un marché en croissance.
La régie publicitaire à proprement parler serait toujours la plus grande au monde. Elle aurait plus de mal à cibler ses publicités à cause du manque de données provenant des différents services de Google, mais demeurerait ultra forte ! Imaginons que le régulateur pousse le bouchon très loin et interdise que Google Ads représente plus de 50% du chiffre d'affaires généré sur Google Search par exemple, il faudrait dès lors l'appliquer aux autres acteurs. Amazon serait par conséquent obligé de s'ouvrir à la régie de Google. Google Ads pourrait même profiter d'une mesure de cet ordre ! Google Ads deviendrait une vache à lait encouragée à verser des dividendes.
Pour l'investisseur, si Google Search se retrouve seule, elle génèrera énormément de cash et devra dès lors verser d'importants dividendes à ses actionnaires. Le Search est le business historique de la firme, c'est là qu'elle récupère la majorité des datas sur les internautes.
Reste le cas de Google News, qui est au centre de bien des débats actuellement, notamment suite à la loi européenne passée en faveur des éditeurs de presse. Cette division serait probablement un dilemme. Aux Etats-Unis aussi, désormais, les éditeurs de presse souhaitent percevoir une compensation pour les revenus générés par leurs contenus et captés par Google News.
Le cas d'Android et du mobile
Sur ce point, les autorités de la concurrence auraient beau jeu d'appliquer le même genre de jugements que ceux appliqués à Microsoft en 1999. Alphabet ne pourrait plus dès lors obliger les fabricants qui utilisent la plateforme Android à intégrer la suite logicielle de Google.
De même, il pourrait forcer le Play Store à devenir une entité indépendante.
Cela pourrait faire très mal, car c'est justement cette continuité entre le desktop et le smartphone qui a permis à Google de s'élever si haut et de prendre autant de parts de marché.
C'est probablement le plus grand enjeu pour Google, dont le système d'exploitation mobile équipe 9 téléphones sur 10 au niveau mondial.
Pour autant, en cas de découpe en appartement, le Play Store demeurerait une manne formidable et chercherait sans doute à améliorer ses marges. Le système Android, quant à lui, se retrouvant seul, se verrait contraint de multiplier les options payantes pour les constructeurs.
Nous avons de nouveau deux vaches à lait !
Une multitude de services non monétisés sur des secteurs en hyper croissance
Côté cloud, même si Google est en retard et qu'une sortie du giron d'Alphabet compliquerait encore les choses, notamment d'un point de vue technique, il n'en reste pas moins que le cloud de Google a des atouts et un avenir. Cette business unit serait probablement classée dans un mix vedette/dilemme.
Pour la suite bureautique de Google, c'est un peu la même histoire. Il sera très difficile de survivre sans le reste d'Alphabet et l'environnement Google.
N'oublions pas non plus Waymo, le leader absolu dans les technologies de véhicule autonome. A en juger par la valorisation d'Uber, on pourrait facilement valoriser l'entreprise entre 40 Mds$ et 75 Mds$.
DeepMind de son côté est une des sociétés les plus avancées dans la recherche fondamentale en IA. Certes, elle ne génère aucun CA, mais elle aurait une forte valeur même si elle était obligée de faire quelques pas vers une monétisation !
Et ce n'est pas encore fini, au sein de Google, on trouve également des participations dans de très nombreuses sociétés, des parcs photovoltaïques aux Etats-Unis, des technologies IoT de pointe, j'en passe et des meilleures : de Nest à Verily en passant par Wing, Niantic ou Google Fiber, les projets sont nombreux.
La somme des parties est-elle vraiment supérieure ?
Globalement, on voit bien que séparées en plusieurs entités indépendantes, le groupe Alphabet perdrait en synergies. Car, gardons-le bien en tête, ce groupe, sous bien des aspects, est juste devenu Internet. C'est lui qui organise l'essentiel du trafic mobile et desktop.
En revanche, certaines d'entre elles auraient plus de flexibilité et deviendraient plus opérationnelles. Actuellement, certaines entités ne peuvent pas déployer certains business models pourtant tout à fait viables car ce serait aller contre la stratégie actuelle du conglomérat Alphabet. Celle-ci repose principalement sur la collecte massive de datas pour améliorer ses services et faire progresser ses services d'IA. En cas de découpage, nombre d'entre elles pourraient s'ouvrir à de grands partenariats et s'attaquer à des marchés colossaux.
Dans le cadre d'un démantèlement, certains services pourraient passer de gratuit à freemium ou de freemium à payant.
Le risque réel pour l'investisseur n'apparaît que si le régulateur est trop agressif et découpe n'importe comment en empêchant l'accès aux services et aux technologies accumulées au seins du groupe. C'est fort peu probable. Au pire, il y aura un découpage lent business unit par business unit.
Même dans ce cas, l'investisseur d'Alphabet deviendrait propriétaire d'un certain nombre d'entreprises plus petites et qui chercheraient donc bien plus qu'aujourd'hui à augmenter leurs bénéfices. La vision serait moins orientée vers l'avenir et les potentialités de croissance comme c'est le cas aujourd'hui et plus vers le développement de l'activité. Un mode startup retrouvé, en somme.
Imaginons que les actifs qui ne sont pas monétisés aujourd'hui soient vendus. Alors les business units comme Google Search ou Google Ads seraient de véritables géants facilement valorisables entre 200 Mds$ et 250 Mds$ !
Un découpage moyen, où plusieurs business units seraient regroupées en une entité, pourrait même être une bonne nouvelle. Il entraînerait une vision plus stricte des coûts et des visions tarifaires plus agressives avec une plus forte volonté de monétiser les services.
L'exemple de Microsoft
Un autre scénario est celui du Microsoft des années 2000-2005, une stagnation pour ne pas gagner de parts de marché et donc de forts dividendes suivis d'une réorientation vers des métiers connexes (jeux vidéo ou cloud en ce qui concerne Microsoft). On voit où cela a mené Microsoft… à dépasser les 1 000 Mds$ de capitalisation boursière ! Au vu de sa diversification dans des secteurs d'avenir à très fort potentiel, je ne pense pas qu'Alphabet ait quoi que ce soit à craindre de ce côté-là.
En examinant l'empire et sa possible découpe, on comprend vite qu'effectivement il y a des risques et surtout des risques sociaux et de gestion, mais pas vraiment de risques d'effondrement. Une découpe pourrait même créer de la valeur.
Personnellement, si cette histoire d'abus de position dominante et de démantèlement continue et que le cours de l'action est malmené comme ce fut le cas pour Microsoft durant les années 2000, je ferai partie des contrariens qui achèteront de l'Alphabet quand sa capitalisation boursière sera passée sous 650 Mds$ – elle est actuellement à plus de 760 Mds$. Au vu de l'empire en place et du potentiel de croissance de chaque business unit, le risque est vraiment faible. Il faudrait un découpage à la tronçonneuse et particulièrement mal fait pour que l'actionnaire en sorte perdant sur le long terme.
Comme souvent quand vous investissez dans un conglomérat, l'actif de chaque branche est sous-évalué. S'ils étaient valorisés seuls aujourd'hui, Waymo ou DeepMind vaudraient entre 40 Mds$ et 75 Mds$ !
Si nous revenons sur la dernière grande affaire anti-trust des Etats-Unis, force est de constater que les sanctions n'avaient pas été si importantes. Grosso modo, le régulateur avait empêché Microsoft de s'octroyer de nouveaux monopoles sur la base de son système d'exploitation (OS). Il avait empêché Microsoft d'installer par défaut son navigateur maison, de sinistre réputation parmi les développeurs web, et l'avait également empêché de trop orienter vers son Windows Media Player.
Loin d'être anodines, ces mesures avaient permis l'essor de Firefox, né des cendres de Netscape fusillé par la domination de Microsoft sur le marché des ordinateurs. Dans le domaine de la musique, c'était alors Winamp qui s'était taillé la part du lion ou VLC que nous connaissons encore aujourd'hui. En vérité, le procès avait surtout fait une très mauvaise publicité à Microsoft, mais en aucun cas, l'entreprise n'avait été démantelée. En revanche, le régulateur avait mis un coup d'arrêt à la tentation de Microsoft de profiter de sa position dominante sur le marché des OS pour dominer d'autres marchés, comme celui des navigateurs ou celui des logiciels.
Car c'est bien ce qui est en train de se passer chez ses grands groupes qui dominent tout un pan de l'économie numérique. Ils se servent des monopoles en place pour essayer d'en créer de nouveaux. Du search à la plateforme Android pour Google. Du réseau social à la messagerie instantanée pour Facebook.
En revanche, si les Etats parvenaient à se mettre d'accord pour mieux taxer ces multinationales, la mécanique de croissance de ces entreprises pourrait vraiment être enrayée. Aujourd'hui, Google dispose de plus de 100 Mds$ en cash… L'annonce du G20 de se coordonner pour taxer les géants du numérique, si elle était suivie d'effets, pourrait vraiment changer la donne.
Que se passera-t-il le 18 juin 2019 ?
Facebook publiera le livre blanc de sa cryptomonnaie. Il ne fait plus aucun doute que les cryptomonnaies sont là pour rester. Remontons le temps et regardons le cours du Bitcoin :
• 18 juin 2018 : 6 551 $
• 18 juin 2017 : 2 559 $
• 18 juin 2016 : 752 $
• 18 juin 2015 : 249 $
• 18 juin 2014 : 609 $
• 18 juin 2013 : 109 $
Si vous aviez investi en 2013, vous seriez à la tête d’une plus-value de 6 000% ! Découvrez la cryptomonnaie qui pourrait suivre le même destin et évolue encore sous les radars !
 
En bref : NASA, biotech, M&A, deep fakes
Des deep fakes comme s'il en pleuvait.
Les deep fakes, ce sont ces vidéos retouchées par les programmes boostés à l'IA. Elles mettent souvent en scène des personnalités connues pour leur faire dire ce qu'elles n'ont jamais dit. Désormais, il ne se passe plus une semaine sans que de nouvelles apparaissent.
Hier, l'équipe IA de l'ONU publiait des discours manipulés, Facebook présentait son programme qui permet de reproduire la voix et l'intonation d'une personne. Et aujourd'hui deux artistes postent cette vidéo de Mark Zuckerberg sur Instagram. Il y déclare benoitement : "Imaginez qu'un homme, qui contrôle totalement les données volées à plus de deux milliards de personnes, tous leurs secrets, qui sait tout de leurs vies, de leurs futurs…"

https://www.instagram.com/p/ByaVigGFP2U/

Salesforce rachète Tableau pour 15,7 Mds$.
Salesforce est le champion des logiciels de CRM en ligne, et Tableau le champion de la visualisation des données. La fusion des deux entités crée une référence mondiale à même de permettre à toutes les entreprises de s'emparer de leurs données aussi massives soient elles. Résultat immédiat : +36% dans la journée pour les actionnaires de Tableau (US87336U1051 – DATA).
870% en un jour !
Lundi, l'action de la biotech NovaBay Pharmaceuticals Inc. (US66987P2011-NBY) a décollé de 0,32 $ à 3,10 $ à la clôture. Presqu'un x10 en un jour… Pourquoi ? Son traitement pour des infections oculaires sera en vente libre sur Amazon à un prix tout à fait attractif. Quand on vous dit que les biotechs sont un secteur explosif… Le cours est redescendu hier à 2,21 $.
La NASA devient tour operator spatial.
A partir de 2020, pour 35 000 $ par tête et par nuit, vous pourrez séjourner dans la Station spatiale internationale. C'est l'offre de la NASA pour encourager l'appétit pour la conquête spatiale. Ah ! ce tarif n'inclut pas le transport… Il faudra passer par un taxi spatial. La course serait d'environ 56 M$. Tous les détails sur Futura Sciences.
Soigner avec du cannabis ???
Alors que la France découvre le cannabis thérapeutique, il est encore temps d’investir dans ces biotechnologies que nous recommandons depuis 2 ans et qui pourraient améliorer la vie de millions de patients !
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