Tournée générale pour les marchés

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Paris, mercredi 12 juin 2019
•   Bruno Bertez :
Une fenêtre d'instabilité est ouverte sur les marchés
Les marchés se remettent grâce aux promesses des autorités de baisser les taux. Est-ce vraiment la solution miracle ?
•   Bill Bonner :
Comment faire disparaître 30 000 milliards de dollars
La richesse créée ces dernières années est fausse. Lorsque cette expansion spectaculaire mais factice retrouvera sa vraie valeur, une quantité monumentale d'argent s'évaporera.
•   Andrew Moran : La guerre commerciale ne rendra pas sa grandeur à l'Amérique
Les taxes douanières et la guerre commerciale, clefs de la prospérité pour la première puissance mondiale ? Pas vraiment, non... bien au contraire.
LES NOTES DE BRUNO BERTEZ
Une fenêtre d'instabilité est ouverte sur les marchés
La chute des marchés a été enrayée par les déclarations maintenant très fermes et claires des autorités monétaires : ces dernières sont prêtes à baisser les taux.
Les marchés pensent que cela se fera sous peu et nous sommes de cet avis. La baisse va être rapide et forte, on arrivera vite à zéro.
Le "Miracle S-11"
Comment une poignée de Français "pirate" l'Etat américain en ce moment même pour engranger des revenus réguliers de plusieurs milliers d'euros.
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La question n'est donc plus sur la réaction des autorités aux risques de ralentissement économique et au risque de baisse boursière ; elle est désormais triple :
Est-ce que les baisses de taux vont stabiliser les marchés durablement, au-delà de l'effet d'annonce ?
Est-ce que les baisses de taux vont être efficaces économiquement, au niveau de la demande ?
Est-ce que les baisses de taux vont changer la situation au regard des perturbations sur la disponibilité des dollars hors des Etats-Unis ?
"Le marché s'attend désormais à ce que la Fed baisse 4x ses taux sur l'année qui vient. Les investisseurs qui espèrent que la Fed s'exécutera devraient étudier les deux derniers marchés baissiers/récessions majeurs et faire attention aux souhaits qu'ils expriment..."
Les réponses à ces questions ne sont connues de personne et surtout pas des autorités : elles pilotent à vue et elles sont aveugles.
En novembre, elles se sont laissé aveugler par les chiffres de l'emploi, elles croyaient au manque de main-d'oeuvre ! Elles augmentaient les taux !
Ensuite, en décembre, elles ont fait volte-face, croyant que les hausses de taux devaient marquer "une pause temporaire".
Et voilà qu'en mai, la pause n'est plus temporaire, elle est définitive. Le cycle de hausse est terminé.
C'est tout et n'importe quoi. On parle à nouveau des limites du zéro pour les taux, des taux négatifs, de mesures non-conventionnelles.
Par ailleurs, les études les plus sérieuses montrent que les marchés ne réagissent pas toujours comme voulu aux baisses de taux. Tout dépend de l'état d'esprit des opérateurs et investisseurs.
Si leur état d'esprit reste spéculatif, les marchés montent. S'ils ont peur, en revanche, ils veulent du cash ou des fonds d'Etat et les marchés chutent. Ce sont les humeurs qui décident.
Une chose cependant est certaine : il n'y pas 5% de potentiel de baisse des taux car on n'a pas pu reconstituer l'arsenal. On est à moins de 3% de potentiel, avec le doute qui s'installe sur la capacité des banques centrales à gérer la situation.
Personne ne peut prédire l'avenir, il est incertain, inconnu, c'est l'aventure. Ce que l'on peut dire, c'est que les conditions pour une grave détérioration de la situation sont réunies et, comme le dit John Hussman, "une fenêtre, une trappe d'instabilité est ouverte".
Pour le moment, notons que le mythe ou l'espoir – comme on veut – d'une amélioration économique au second semestre tient ; on ne peut rien dire de plus.
LES NOTES DE BILL BONNER
Comment faire disparaître 30 000 milliards de dollars
L'économie continue de s'enfoncer. La plus longue expansion de l'histoire américaine semble toucher à sa fin. CNBC nous en dit plus :
"La création d'emploi a quasiment calé en mai, un signe supplémentaire du ralentissement de l'élan économique américain.
Les entreprises n'ont créé que 27 000 nouveaux emplois au cours du mois selon un rapport publié mercredi par la société ADP et Moody's Analytics, bien inférieur aux estimations de 173 000 de Dow Jones.
C'est le pire chiffre depuis que l'expansion économique a commencé ou à peu près, le marché de l'emploi ayant touché un plancher en mars 2010 avec une perte de 113 000. Depuis, les emplois privés ont augmenté de 21,3 millions [de personnes]".
Autre indicateur clé, le déclin des rendements obligataires (ces derniers baissent à mesure que la demande fait augmenter les prix des obligations). Explications de l'économiste Richard Duncan :
"La fuite vers la qualité – hors des actions, vers les obligations – a eu lieu parce que les perspectives de revenus des entreprises se détériorent rapidement à cause de la guerre commerciale Etats-Unis/Chine. Les perspectives de revenus se détériorent pour deux raisons. D'abord, il y a une réelle possibilité que la Chine prenne des mesures réduisant sévèrement les revenus des entreprises américaines ayant une activité en Chine. Ensuite, l'économie mondiale ralentit rapidement et pourrait bientôt être en récession. [...]
L'économie chinoise aurait notablement ralenti même s'il n'y avait pas eu de guerre commerciale. A présent, confrontée à des taxes douanières de 25% sur son marché le plus important, l'économie chinoise pourrait bientôt commencer à se contracter. C'est déjà le cas de ses importations. Le reste du monde souffrira à mesure que la demande chinoise recule".
Alors pourquoi les investisseurs achèteraient-ils des actions maintenant ? Une récession entamera les ventes et les profits. Les actions devraient valoir moins, pas plus.
Poissons et cannes à pêche
Mais il y a bien longtemps que l'économie réelle et l'industrie financière ne sont plus d'accord. C'est tout juste si elles se parlent encore.
Rappelez-vous le vieux dicton : donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Donne-lui une canne à pêche, il se nourrira toute sa vie.
Telle est la différence entre les revenus et le capital. La canne à pêche est une immobilisation. Avec elle, non seulement vous pouvez attraper un poisson, une fois... mais vous pouvez aussi pêcher de nombreux poissons sur une longue période.
Naturellement une canne à pêche vaut plus qu'un poisson. Mais sa valeur diminue nettement lorsque les poissons disparaissent.
Si l'on prend l'économie dans son ensemble, on mesure les cannes (les immobilisations) au moyen de la richesse nette des ménages. Les poissons sont quant à eux le PIB, très sommairement.
Normalement, les actifs nets des ménages valent environ 3,8 fois le PIB. Ce n'est pas un chiffre arbitraire. C'est la relation naturelle entre les cannes et les poissons.
Tel est le ratio qui dominait aux Etats-Unis de la fin de la Deuxième guerre mondiale jusqu'en 1995 environ. L'économie réelle s'est développée. Les actifs de l'industrie financière ont fait de même. Le ratio est resté plus ou moins le même.
Et puis la fausse monnaie et les politiques d'argent facile de la Fed ont commencé à faire leur effet. D'abord, le ratio richesse nette des ménages/PIB a grimpé à 4,5 en 1999, puis 4,8 en 2007 ; il est à présent à 5,35.
On appelle cela la "financiarisation". C'est ce qu'il se produit lorsque les poissons et les cannes à pêche se séparent. A présent, les éloignant plus encore, on a la Fed la plus gluante que la nation ait jamais vue.
Les tribulations du bol de punch
Sous Eisenhower, le président de la Fed de l'époque, William McChesney Martin, considérait que son travail consistait à empêcher les banquiers et les spéculateurs de faire trop d'idioties. Il "retirait le bol de punch" lorsque la fête s'emballait.
Plus tard, tandis que les politiciens dérapaient, dépensant plus que ce qu'ils pouvaient se permettre pour la guerre contre la pauvreté à domicile et la guerre contre le Vietnam à l'étranger, un autre président de la Fed, Paul Volcker, a à son tour retiré le bol de punch – portant les taux d'intérêt jusqu'à 20% pour étouffer l'inflation.
Alan Greenspan a réinstauré le bol de punch. Il l'a rempli de gnôle au plus fort d'une crise – d'abord durant le krach de 1987, puis après l'explosion des dot.com en 2000. (Il a également fait savoir aux investisseurs qu'il lui restait plein de tord-boyaux en réserve.)
Son successeur, Ben Bernanke, a réagi à la crise de dette de 2008-2009 de manière encore plus absurde – avec toujours plus de dette... un bol plus profond et toujours plus d'alcool. Mais même lui réagissait à ce qu'il percevait comme une crise.
Aujourd'hui, sans la moindre crise en vue... alors qu'on est au plein emploi et que l'inflation est quasi-exactement au taux cible de 2%... la Fed a fait savoir qu'elle ne retirerait plus jamais le bol de punch.
En d'autres termes, elle ne fera même plus semblant d'agir en tant que gardien responsable du système monétaire du pays.
Elle ne fera pas non plus d'efforts pour mettre fin aux bulles... ou pour empêcher les politiciens, les banquiers et les spéculateurs de faire des idioties. Au contraire, elle les aiguillonnera avec de l'argent gratuit !
Forces marémotrices
Le taux directeur de la Fed actuel – le taux auxquelles les banques-membres se prêtent de l'argent entre elles – n'est que 0,18% supérieur au taux d'inflation. La prochaine baisse, que l'on attend généralement d'ici la fin de l'année, remettra le taux en territoire négatif, où il a passé la majeure partie des 10 dernières années.
Cela suffira-t-il à arrêter la force marémotrice des cycles économiques ? Cela déclenchera-t-il (peut-être accompagné d'une annonce, de la part de la Maison Blanche, que la guerre commerciale est terminée) une nouvelle hausse majeure des actions ?
Nous l'ignorons. Mais lorsque le XXIème siècle a commencé, le PIB US était de 10 000 milliards de dollars environ (en dollars actuels). A l'époque déjà, les ménages américains avaient une valeur nette dépassant de loin le niveau normal... mais tout de même inférieure à 50 000 milliards de dollars.
Aujourd'hui, la valeur nette totale des ménages se monte à environ 105 000 milliards de dollars – en actions, obligations et immobilier. Lorsque la relation traditionnelle sera rétablie, la valeur nette des ménages reviendra à environ 3,8 fois le PIB, soit à peu près 75 000 milliards de dollars. Cela signifie que quelque 30 000 milliards de dollars d'actifs s'évaporeront.
Si une portion de votre argent fait partie de ces 30 000 milliards de dollars de richesse factice, nous vous suggérons de la déménager – pendant que vous le pouvez encore.
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Simples, efficaces, facilement applicables... elles pourraient vous permettre de devenir rentier – et vous pourriez les recevoir en cadeau !
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LES NOTES D'ANDREW MORAN

La guerre commerciale ne rendra pas sa grandeur à l'Amérique


Les taxes douanières et la guerre commerciale, clefs de la prospérité pour la première puissance mondiale ? Pas vraiment, non... bien au contraire.
Les mercantilistes prétendent que les tarifs douaniers imposés par le président Donald Trump sur les importations vont permettre de réduire le déficit commercial, protéger les industries américaines et relancer les exportations vers le reste du monde.
Les développements récents dans le domaine du commerce international nous montrent que rien de tout cela ne va se produire.
A la place, les taxes décrétées par le président américain sont en train de déclencher une série de conséquences indésirables pour plusieurs secteurs clefs, en particulier l'agriculture et l'énergie.
Alors qu'ils étaient jusqu'à présent leader sur les marchés mondiaux, ces secteurs d'activité souffrent aujourd'hui [aux Etats-Unis] beaucoup plus qu'ils ne sont aidés par la mise en place des nouveaux tarifs douaniers, ce qui apporte la preuve que l'ancien président Ronald Reagan avait raison lorsqu'il affirmait, en substance, que les mots les plus terrifiants de la langue anglaise sont : "je suis du gouvernement et je suis ici pour vous aider".
Les producteurs de soja en première ligne
Depuis le début du conflit entre les Etats-Unis et la Chine, les producteurs américains de soja ont été décimés. Etant donné que Beijing représentait leur marché principal, la filière s'est retrouvée dans l'incapacité d'écouler sa production.
Par conséquent, les stocks invendus ont pourri sur place, les coûts de stockage se sont envolés, de nombreuses fermes ont fait faillite et celles qui le pouvaient ont commencé à se reconvertir dans d'autres productions telles que le coton, le blé ou la luzerne.
Le gouvernement fédéral a essayé de venir en aide à la filière en distribuant des subventions et en se portant directement acquéreur d'une partie des stocks invendus (une mesure précédemment employée lors de la Grande Dépression).
Dans le contexte de ce conflit commercial initié par les Etats-Unis et dont il semble difficile d'entrevoir une résolution, certains des plus importants acheteurs mondiaux de soja ont commencé à se tourner vers d'autres pays étrangers pour répondre à leurs besoins.
Ceci a bien évidemment eu pour conséquence un effritement de la part de marché des producteurs américains sur le marché mondial, alors que les Etats-Unis étaient leader incontesté dans ce secteur depuis des années.
En plus du fait que le Brésil est parvenu à prendre la place des Etats-Unis en tant que premier producteur mondial, d'autres nations cherchent également à accroître leurs parts de marché. Au moment où le prix du soja commence à repartir à la hausse (après avoir atteint son niveau le plus bas depuis près de 12 ans), le jeu pourrait en valoir la chandelle pour ces pays.
La Chine a lancé en 2018 un plan quinquennal pour augmenter sa production nationale de soja. Alors que nous ne sommes qu'au début de la deuxième année de ce plan, la deuxième économie mondiale estime que la production devrait atteindre cette année son niveau le plus élevé depuis 14 ans.
Compte tenu de la baisse de la demande en provenance d'Afrique, qui s'explique par l'épidémie de fièvre porcine, le volume de production pourrait être suffisant pour permettre à la Chine d'être totalement autosuffisante, en tout cas à court terme.
L'Inde a également commencé à augmenter ses surfaces dédiées à la culture du soja. Au cours de la saison 2019, les fermiers indiens, en particulier ceux dans le domaine du coton, ont amorcé une transition vers la production de soja. L'année dernière, la production avait déjà augmenté de près de 7%.
Grâce à des conditions climatiques favorables, l'Argentine devrait connaître une hausse de 48% de sa production par rapport à l'année dernière, soit deux points de plus que la précédente estimation du mois d'avril. L'Argentine est le troisième producteur mondial.
Même l'Europe, qui a promis d'acheter davantage de soja américain, anticipe une hausse de sa production de plus de 14% cette année.
Une industrie sidérurgique chinoise indétrônable
La Chine contrôle depuis plusieurs années plus de la moitié de la production mondiale d'acier. Les analystes ont constaté que les tarifs douaniers imposés depuis maintenant plus d'un an n'ont eu "aucun effet" sur la production d'acier de la seconde économie mondiale.
Comment l'expliquer ? La demande interne reste dynamique et le pays bénéficie d'une exemption complète de tarifs douaniers de la part des autres pays dans le monde.
Bien que l'administration Trump ait imposé des taxes sur les importations d'acier en provenance de Chine, la superpuissance économique chinoise profite des exemptions accordées par le Canada, la Corée du Sud, l'Espagne ou encore le Royaume-Uni.
Le géant asiatique est même parvenu l'année dernière à augmenter sa production totale d'acier à 928,3 millions de tonnes, contre 831,7 millions de tonnes en 2017.
Les exportations ont chuté de 8%, mais cette baisse a été plus que compensée par la hausse de la demande nationale.
Paul Bartholomew, rédacteur en chef de S&P Global, a expliqué dans une interview pour le South China Morning Post :
"L'année dernière, lorsque les tarifs douaniers ont été mis en place, le marché de l'acier a réagi négativement en Chine. C'est un marché fortement influencé par le niveau de confiance des acteurs économiques et qui craint particulièrement les annonces politiques.
Mais après quelques jours le marché est revenu à la normale. Au cours des trois premiers trimestres, il était particulièrement dynamique et robuste, la demande était extrêmement forte.
Les tarifs sur l'acier, cette soi-disant guerre commerciale, n'ont pas affecté le marché de façon significative. Elle a joué un rôle important sur le sentiment des intervenants, mais la demande nationale était suffisamment forte pour maintenir à flot la sidérurgie."
Globalement, la part des Etats-Unis dans les importations d'acier chinois a diminué, passant de 5% à seulement 2% l'année dernière.
La bataille du gaz naturel
L'ascension de l'Amérique en tant que producteur autonome en énergie au cours des dernières années représente un développement remarquable. Les Etats-Unis n'ont désormais plus besoin de se soumettre aux demandes de l'OPEP. Non seulement les Etats-Unis sont capables de couvrir leurs propres besoins en énergie, mais sont maintenant en position d'alimenter le reste du monde.
La révolution du gaz naturel devrait encore continuer au cours de la prochaine décennie – voire au-delà – mais les Etats-Unis pourraient perdre une partie de leurs débouchés si la guerre commerciale devait se prolonger.
Tandis que les Etats-Unis devraient prendre la place de la Russie en tant que leader mondial sur le marché du gaz au cours des prochaines années, Washington et Moscou rivalisent pour le contrôle de deux marchés clefs : la Chine et l'Europe.
Quand Beijing a annoncé vouloir imposer des tarifs douaniers en représailles sur plus de 5 000 produits américains, la liste incluait le gaz naturel liquéfié (GNL) importé des Etats-Unis. Depuis le 1er juin, ils subissent une taxe de 25%.
Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les entreprises américaines du secteur de l'énergie, en particulier compte tenu de la tendance à la diminution des importations.
D'après Reuters, seuls 27 méthaniers ont été envoyés en Chine depuis les Etats-Unis en 2018, contre 30 l'année précédente. Et plus de la moitié des méthaniers qui ont quitté les ports américains en 2018 l'ont fait avant que ne se déclare la guerre commerciale.
Dans le même temps, les négociations commerciales entre l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis semblent avoir porté leurs fruits pour les entreprises américaines de gaz naturel.
Depuis 2016, les exportations américaines de GNL vers l'Europe se sont envolées de 272%, avec des importations particulièrement élevées entre le mois d'octobre 2018 et le mois de mars 2019.
Mais la Russie a conservé l'année dernière sa position en tant que principal fournisseur en gaz naturel de l'Union européenne, suivi de la Norvège. Il faut également noter que l'Algérie et le Qatar augmentent rapidement leurs exportations d'énergie vers la Zone euro.
Les chiffres de la Commission européenne indiquent que 11 Etats-membres, dont l'Autriche, la Finlande et la Hongrie, achètent plus de 75% du gaz naturel dont ils ont besoin auprès de Moscou, principalement en raison de leur proximité géographique.
A l'avenir, deux facteurs principaux devraient favoriser la Russie.
Premièrement, nous ne sommes pas à l'abri d'une dégradation des relations commerciales entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Cela pourrait se produire dès à présent. Les négociateurs américains ont en effet accusé l'UE de ne pas tenir ses engagements dans le cadre de l'accord temporaire qui avait été conclu et qui prévoyait une augmentation des achats de produits agricoles.
La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a déclaré au magazine Foreign Policy :
"Mais c'est exact, nous avons une longue liste de problèmes dans le domaine commercial sur lesquels nous en sommes en désaccord avec l'administration américaine. Nous devons négocier avec un pistolet sur la tempe. Nous avons des lignes rouges extrêmement claires à ne pas dépasser, des exigences très claires, mais nous sommes également déterminés à affirmer que l'UE et les Etats-Unis sont amis et sont historiquement des alliés naturels — nous devrions avoir un programme commun."
Le deuxième facteur clef concerne les pipelines. La Russie a un avantage par rapport aux Etats-Unis en termes d'infrastructures et de coût de transport. En plus de nombreux pipelines majeurs déjà installés, la Russie a engagé la construction de plusieurs nouveaux pipelines de grande envergure, y compris le projet Nord Stream 2 qui vise à relier la Russie et l'Europe par la mer Baltique. Ceci pourrait expliquer pourquoi le Congrès US s'est attaqué à ce projet au travers de nouvelles sanctions.
Trump ne fera pas de miracles pour l'industrie
Les partisans de la politique commerciale de Trump affirment que le reste du monde a depuis trop longtemps injustement profité des Etats-Unis. Les tarifs douaniers visent, d'après eux, à réduire le déficit commercial, créer un terrain de jeux plus équitable pour les producteurs américains, et relocaliser les emplois aux Etats-Unis.
La guerre commerciale a-t-elle été un succès à cet égard ?
Depuis que le président Trump a pris ses fonctions, le déficit commercial s'est accru, les prix à la consommation ont augmenté, les tarifs douaniers n'ont pas eu d'effets significatifs sur le dynamisme du marché de l'emploi et la compétitivité des industries américaines se dégrade sur les marchés internationaux.
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Si c'est à cela que ressemble une victoire dans une guerre commerciale, je n'ose même pas imaginer à quoi ressemblerait une défaite.
Andrew Moran est journaliste économique pour LibertyNation.com. Il est aussi l'auteur de l'ouvrage The War on Cash ["La Guerre contre le Cash", NDLR]. Vous pouvez retrouver ses analyses (en anglais) sur le site AndrewMoran.net.
Article initialement publié en langue anglaise par le Mises Institute.
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